Alexandra Dobbs
Sophrologue et Hypnothérapeute
Alexandra Dobbs
Sophrologue et Hypnothérapeute

Comment mieux communiquer


deux têtes de moutons face à face

La communication non violente, ou l’histoire du chacal et de la girafe

Qui n'a jamais été blessé.e par des mots, n'a jamais été pris dans des malentendus, n'a pas cherché à avoir le mot de la fin, n'a pas regretté ses paroles?

 

Je vous propose ici quelques éléments historiques et principes concernant la Communication Non Violente (CNV) non pas comme une recette miracle à appliquer à la lettre mais plutôt comme un point de départ pour réfléchir et améliorer notre relation à nous-mêmes et aux autres, et tendre vers un rapport à nous-même et aux autres plus constructif.

Communiquer sans juger, sans accuser

L’hypothèse de départ de Marshall Rosenberg, docteur en psychologie clinique et fondateur de la théorie de la communication non violente : "toute critique, toute agression est l'expression d'un besoin non satisfait."

Dans ses stages et conférences, Marshall Rosenberg utilisait, pour illustrer ses propos, une marionnette de chacal et de girafe. Le langage chacal est fait de critiques, de manipulations et de jugements. Le langage girafe représente le langage du cœur (car c'est l’animal terrestre qui a, proportionnellement, le plus gros cœur). Son long cou lui permet aussi de prendre de la hauteur et voir loin. La girafe écoute et exprime ses sentiments, fait des demandes et donne de l'empathie. Elle sait s'affirmer. Elle le fait avec honnêteté. A contrario, emblème de la violence, le chacal est dans le jeu de pouvoir. Il étiquette, juge, classifie, pose des diagnostiques et des exigences. Il contrôle les autres en jouant sur leurs sentiments de culpabilité. Mais en fin de compte, les chacals ne sont que des girafes qui ont un problème de langage.
 

En étudiant les facteurs qui affectent notre capacité à rester compatissants, Marshall Rosenberg a été frappé par le rôle crucial du langage et notre utilisation des mots. C’est sur cette base qu’il a développé une approche spécifique de la communication, que ce soit parler ou écouter, qui nous amène à nous connecter à nous-même et aux autres d'une manière qui permet à notre compassion naturelle de s'épanouir. Il a nommé cette approche la communication non violente, en utilisant le terme « non-violence » tel que Gandhi l'a utilisé. Bien que nous ne considérions peut-être pas notre façon de parler comme « violente », les mots entraînent souvent de la peine et de la douleur, que ce soit pour les autres ou pour nous-même.

 

Une façon de focaliser l'attention

La CNV est fondée sur des compétences linguistiques et de communication qui renforcent notre capacité à rester humain, même dans des conditions difficiles. Il ne contient rien de nouveau ; tout ce qui a été intégré dans la CNV est connu depuis des siècles. La CNV nous guide de manière à améliorer la manière dont nous nous exprimons et écoutons les autres. L’intention est de remplacer nos schémas de défense, de retrait ou d'attaque face au jugement et à la critique, et faire en sorte que nos réponses soient basées sur la conscience de ce que nous percevons, ressentons et voulons. Nous sommes amenés à nous exprimer avec honnêteté et clarté, tout en accordant aux autres une attention respectueuse et empathique.
 

Les 4 étapes d’une communication non violente

1. Observer sans juger
La première étape n’est pas simple. Elle consiste à observer la situation en prenant un peu de distance, sans y mêler de sentiments, ni de jugements. Comme une caméra qui enregistrerait le son et l’image du conflit.


2. Exprimer ses sentiments en "je"
Dans un second temps, pouvoir mettre des mots sur ce qu'on a ressenti lors du conflit, est essentiel. Cela permet souvent d’expliquer pourquoi on en est arrivé là. Généralement, pendant une dispute, plusieurs émotions nous submergent. Il est donc très important de pouvoir les cibler pour démêler les nœuds qui existent dans la relation à ce moment-là.


3. Exprimer ses besoins sans parler d'action
Lorsqu'on est en conflit avec quelqu'un, c'est parfois parce qu'un besoin n'a pas été entendu ou respecté par l'autre. Il arrive que l'on ait besoin d'être seul ou, a contrario, besoin de contact avec les autres par exemple. Si ce besoin n'a pas été clairement dit à l'autre, il est possible que cela déclenche un conflit.


4. Demander sans exiger
La dernière étape consiste à demander à l’autre quelque chose afin que tout le monde ressorte gagnant de la discussion. Dans le cas d’une réponse positive, la relation reprend sereinement. Dans le cas contraire, il est bon d’être prêt à revoir sa demande et proposer de nouvelles idées. La solution est co-construite et se négocie.
 

Par exemple, une mère pourrait dire à son fils adolescent :
1. Félix, quand je vois deux boules de chaussettes sales sous la table basse et trois autres à côté de la télé
2. Je me sens irritée
3. Parce que j'ai besoin de plus d'ordre dans les pièces que nous partageons.
4. Serais-tu d’accord pour mettre tes chaussettes dans ta chambre ou dans la machine à laver ?

Dans l'exemple ci-dessus, c'est l'expression de la mère qui se base sur les principes de la CNV. Mais le processus complet consiste également à écouter l'autre partie dans cette même disposition d'esprit et de coeur. Comme toute communication, elle se fait dans les deux sens. Il s'agit donc d'être prêt à recevoir les quatre mêmes informations de l’autre personne: nous nous connectons à lui.elle en sentant d'abord ce qu'il observe, ressent et ce dont il a besoin ; puis nous découvrons ce qui enrichirait sa vie en recevant sa demande.
 

Qui est Marshall Rosenberg ?

Marshall B. Rosenberg, (1934-2015), a créé et développé le processus de la Communication Non Violente dans les années 60. Il est né à Détroit, aux Etats-Unis, où il a fait l’expérience, dans son enfance, de tensions raciales, puis de règlements de comptes motivés par l’antisémitisme de certains de ses camarades d’école.

 

Il n’eut de cesse après cela de trouver une réponse à deux questions fondamentales : "Si nous, êtres humains, aimons tant contribuer au bien-être des uns et des autres, pourquoi certains parmi nous génèrent-ils tant de violence et de souffrance dans leurs interactions, même dans leurs liens avec ceux qu’ils aiment ?" Et, inversement … "Comment se fait-il que certaines personnes parviennent à rester constructives et aimantes, même dans des circonstances horribles et violentes ?"


C’est à partir des réponses qu’il trouva à ces deux questions que Marshall Rosenberg développa la Communication Non Violente. Il voyagea énormément, tant aux Etats-Unis que dans de nombreux pays du monde, faisant connaître le processus de la CNV partout où on l’invitait et contribuant aux efforts de réconciliation et à la construction de la paix dans des régions déchirées par la guerre. 

Le processus de la CNV présenté par Isabelle Padovani et illustré par Célia Portail

illustration de la communication non violente

Source :  The Center for Nonviolent Communication ; www. https://www.ecolecitoyenne.org/ ; wikipedia ; www. papapostive.fr

Photo : susanne_jutzeler__schweiz__de_pixabay_

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En étant accompagné.e en séance vous pouvez apprendre à identifier vos émotions, clarifier vos besoins et les exprimer, démêler votre part de responsabilité dans vos relations conflictuelles, accueillir la parole de l’autre ou vous protéger des mots blessants, développer de l’empathie sans vous laisser déborder par l’émotion de l’autre…  

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