Alexandra Dobbs
Sophrologue et Hypnothérapeute
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Phobie or not phobie ?

18 Jan 2022 Alexandra Dobbs

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Phobie or not phobie ?

Agoraphobie, claustrophobie, hématophobie, arachnophobie, phobie scolaire, homophobie, xénophobie. Tous à ranger dans le même sac ? Non ! En effet, dans le cadre de la psychopathologie (branche de la psychologie qui étudie les troubles mentaux), la phobie est une peur avec des caractéristiques très spécifiques. Parmi les exemples cités précédemment, seuls les quatre premiers répondent aux critères.

En effet, selon la Classification internationale des maladies (CIM), les phobies relèvent des troubles anxieux. Dans ce groupe de troubles, une anxiété est déclenchée, exclusivement ou essentiellement, par certaines situations bien précises sans dangerosité actuelle. Ces situations sont de ce fait typiquement évitées ou endurées avec appréhension. Les préoccupations du sujet peuvent être centrées sur des symptômes individuels tels que des palpitations ou une impression d'évanouissement et aboutissent souvent à une peur de mourir, de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou. La simple évocation d'une situation phobogène déclenche habituellement une anxiété anticipatoire.

On y retrouve trois grandes familles de phobies :

L’agoraphobie : crainte de quitter son domicile, la peur des magasins, des foules et des endroits publics, ou la peur de voyager seul en train, en autobus ou en avion. La présence d'un trouble panique est fréquente au cours des épisodes actuels ou antérieurs d'agoraphobie.

Les phobies sociales : crainte d'être dévisagé par d'autres personnes, entraînant un évitement des situations d'interaction sociale. Les phobies sociales peuvent se manifester par un rougissement, un tremblement des mains, des nausées ou un besoin urgent d'uriner, le patient étant parfois convaincu que l'une ou l'autre de ces manifestations secondaires constitue le problème primaire

Phobies spécifiques (isolées) : phobies limitées à des situations très spécifiques comme la proximité de certains animaux, les endroits élevés, les orages, l'obscurité, les voyages en avion, les espaces clos, l'utilisation des toilettes publiques, la prise de certains aliments, les soins dentaires, le sang ou les blessures.

 

Phobie ou autre diagnostic : comment savoir ?

Le terme « phobie » vient du grec ancien phóbos, « crainte, effroi, frayeur ». Nous connaissons tous, par moment, des peurs, des inconforts intenses dans des situations de la vie quotidienne, parfois même de manière répétée. Mais ce n’est pas pour autant que nous avons une phobie. Il y a 7 critères pour qu’une peur soit reconnue et soignée en tant que phobie. Dans le cas d’une phobie :

  1. La peur est irrationnelle : peur intense, irraisonnée à la confrontation ou à l’anticipation d’une confrontation à un objet ou une situation. La peur ou l'anxiété est hors de proportion avec le danger réel
  2. La situation ou la proximité de l'objet déclenche toujours la peur ou l'anxiété immédiate
  3. Il y a prise de recul sur la peur : la personne est capable de reconnaître le caractère excessif de sa peur ou son irrationalité
  4. Confronté à l’objet ou à la situation, il y a fuite ou détresse : la personne évite la situation ou la vit avec une anxiété importante
  5. La phobie a un impact important sur la vie de la personne
  6. Le problème persiste (≥ 6 mois)
  7. Il n’y a pas d’autres explications

 

Si ces critères ne sont pas remplis, un autre diagnostic sera posé.

 

Comment se crée une phobie ?

Il y a deux stades dans la création d’une phobie :

  1. Stade 1 : la sensibilisation à un stimulus (objet, situation) : le cerveau est sensibilisé au fait qu’un stimulus particulier représente un danger. La sensibilisation peut être innée (exemple : la phobie du sang semble innée, sans que l’on ne sache encore pourquoi) ou acquise par l’apprentissage d’une expérience propre à l’individu (exemple : morsure par un chien) ou acquise par l’exemple d’un parent phobique (exemple : un parent phobique des araignées…). Il peut aussi y avoir une succession de petits événements anodins mais perturbants qui conduit au même phénomène. Résultat, le cerveau a enregistré que cette situation était dangereuse
  2. Stade 2 : un défaut dans le processus de désensibilisation. Quand tout se passe bien, il y a un phénomène d’habituation qui fait que quand un individu fait face à quelque chose que le cerveau identifie comme un danger mais que rien ne se passe, le cerveau se calme et comprend qu’il n’y a pas de danger. Le cerveau apprend alors à ne pas avoir peur. Dans le cas d’une phobie, ce processus est bloqué.

 

Sophrologie et hypnose
Seuls ou en complément d’une thérapie (thérapie comportementale et cognitive, par exemple), la sophrologie et l’hypnose peuvent vous aider à vous libérer d’une phobie, à diminuer voire à faire disparaître vos angoisses paralysantes.
Vous pourrez apprendre à gérer les manifestations physiques de vos peurs pour calmer le corps, l’émotion et le mental, grâce à la respiration et à la création d’images mentales apaisantes. Vous pourrez également débloquer le processus de désensibilisation et réenclencher le phénomène d’habituation pour que l’objet ou la situation phobique redevienne ordinaire.

 

Source : Phobie - PsykoCouac #22 ; Classification internationale des maladies (CIM) ; le manuel Merck Sharp & Dohme

Crédit photo : Pavel Danilyuk Pexels

La phobie expliquée très simplement par Pedro Sanchau, docteur en psychologie cognitive, sur sa chaîne youtube PsykoCouac

femme qui a peur

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